Dans le magistral estuaire
Du beau Saint-Laurent
Niche un bel oiseau grégaire,
Amant du vent.
Ce blanc volatile se nomme
Fou de Bassan,
Dénomination folichonne
L'avilissant.
Nul ne sait de façon certaine
D'où vient ce nom,
Mais une légende lointaine
En fait mention;
-Jadis, une grande artiste
Aimant Percé,
Croque en bonne paysagiste
Son beau rocher.
En fait, elle ne représente
Qu'un mi-rocher
Car, sur son horizon, s'implante
Un fol ailé.
Au garde-à-vous, ce palmipède,
Très obstiné,
Comme un grenadier, tout raide,
Sabre tiré,
Lui obture tant le paysage
Qu'elle se doit
De l'unir comme personnage
De cet endroit.
Promue fraîche Apollinaire,
Contre son gré,
Pour ce début de bestiaire,
Se doit trouver
Un nom pour cet intrus volage
Et sur le champ
Le baptise, folle de rage,
''Fou de bas ans''.
De père en fils, ce patronyme,
Au fil des ans,
Est devenu ce nom sublime
''Fou de Bassan''
Poème écrit par
Deslongchamps André |